Fiscalité à Chypre : comprendre les régimes avant de s'installer

La fiscalité de Chypre attire les entrepreneurs, les investisseurs et les cadres francophones pour de bonnes raisons : un impôt sur les sociétés à 12,5 %, l'absence de taxe sur les plus-values mobilières et le régime Non-Dom qui exonère les revenus passifs pendant 17 ans. Membre de l'Union européenne depuis 2004, l'île offre ce cadre dans un environnement juridique de droit commun européen, ce qui la distingue des paradis fiscaux classiques.

Chaque régime répond à une situation précise. Un dirigeant de holding, un trader indépendant, un salarié bien rémunéré ou un retraité ne relèvent pas des mêmes leviers. Cette page fait le tour des sept dispositifs clés et renvoie vers les guides détaillés, pour bâtir une stratégie cohérente et conforme au droit français comme à la convention fiscale entre les deux pays.

Les régimes fiscaux en détail

Sept dispositifs structurent la fiscalité chypriote pour les particuliers et les sociétés. Choisissez le guide qui correspond à votre situation.

Pourquoi Chypre est attractive fiscalement

L'impôt sur les sociétés à 12,5 % est le socle du système. Il place Chypre parmi les taux les plus bas de l'Union européenne, à parité avec l'Irlande. Une Cyprus Limited peut distribuer ses bénéfices à un actionnaire résident Non-Dom sans supporter la Special Defence Contribution de 17 % qui frappe normalement les dividendes. Pour les revenus de propriété intellectuelle, le régime IP Box abaisse le taux effectif à 2,5 %, un atout majeur pour les éditeurs de logiciels et les détenteurs de brevets.

Côté patrimoine, l'absence d'imposition des plus-values sur les valeurs mobilières change la donne pour les investisseurs. La cession d'actions, d'ETF ou de cryptomonnaies détenues à titre privé n'est pas taxée, sauf lorsqu'elle porte sur des titres de sociétés propriétaires de biens immobiliers situés à Chypre. Il n'existe par ailleurs ni impôt sur la fortune, ni droits de succession depuis 2000.

Le régime Non-Dom, introduit en 2015, complète l'ensemble. Un résident qui n'était pas domicilié à Chypre au cours des vingt dernières années échappe à la SDC sur ses dividendes, intérêts et loyers pendant dix-sept ans. Les cadres bien rémunérés disposent, eux, d'une exonération de 50 % sur les salaires supérieurs à 55 000 euros, applicable pendant quinze ans à compter de la première prise de fonction sur l'île.

Résidence fiscale : les points clés

Aucun avantage ne s'applique sans devenir résident fiscal chypriote. La voie de droit commun reste la présence de plus de 183 jours par an. Depuis 2017, la règle des 60 jours ouvre une seconde porte : passer au moins 60 jours à Chypre, ne pas être résident fiscal d'un autre pays, ne pas séjourner plus de 183 jours ailleurs, et disposer sur place d'un logement à l'année ainsi que d'une activité, d'un emploi ou d'un mandat de dirigeant.

Le départ de France demande autant d'attention que l'installation. La convention fiscale France-Chypre attribue le droit d'imposer chaque type de revenu et prévient la double imposition. Il faut aussi anticiper l'exit tax française, qui vise les plus-values latentes sur les participations importantes. En transférant son domicile vers un pays de l'Union européenne comme Chypre, le contribuable obtient un sursis de paiement automatique, sans avoir à constituer de garantie.

Un dernier point mérite d'être signalé : le rattachement fiscal doit reposer sur une substance réelle. Une adresse et une société vides ne suffisent pas à opposer la résidence chypriote à l'administration française. Vie personnelle, direction effective des sociétés et flux financiers doivent être cohérents avec la présence à Chypre.

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Questions fréquentes

Faut-il vivre toute l'année à Chypre pour y être résident fiscal ?
Non. La règle des 183 jours reste la voie classique, mais Chypre propose depuis 2017 la règle des 60 jours. En passant au moins 60 jours par an sur l'île, sans être résident fiscal ailleurs et sans passer plus de 183 jours dans un autre pays, vous pouvez devenir résident chypriote à condition de disposer d'un logement à l'année et d'une activité, d'un emploi ou d'un mandat de dirigeant à Chypre.
Le régime Non-Dom exonère-t-il vraiment tous les revenus ?
Non, il cible les revenus passifs. Un résident Non-Dom est exonéré de la Special Defence Contribution (SDC) sur les dividendes, les intérêts et une partie des loyers pendant 17 ans. Les salaires et les bénéfices d'activité restent soumis à l'impôt sur le revenu au barème progressif, avec une tranche exonérée jusqu'à 19 500 euros.
Quel est le taux réel d'imposition d'une Cyprus Limited ?
L'impôt sur les sociétés est de 12,5 % sur les bénéfices, l'un des taux les plus bas de l'Union européenne. Les revenus de propriété intellectuelle éligibles au régime IP Box peuvent être imposés à un taux effectif de 2,5 %. Les dividendes versés à un actionnaire Non-Dom ne subissent pas la SDC de 17 %.
En quittant la France, dois-je payer l'exit tax ?
L'exit tax vise les plus-values latentes sur les participations lorsque leur valeur dépasse 800 000 euros ou 50 % des bénéfices d'une société. En transférant votre domicile dans un État de l'Union européenne comme Chypre, vous bénéficiez d'un sursis de paiement automatique, sans garantie à constituer. L'impôt peut ensuite être dégrevé après un délai de détention.